Les besoins des oliviers au printemps

Dès le début du mois de mars, la première étape consiste à nourrir l’olivier avec de bons produits, en l’occurrence de l’engrais. Mais attention, pas n’importe lequel ! 

Dans un domaine en agriculture biologique comme la Bastide du Laval par exemple, aucun produit chimique n’est toléré ; on utilise de l’engrais organique. Il est composé de pulpe d’olive récupérée après la trituration, d’environ 5 kilos de fiente de poule par arbre et de tous les résidus de la taille qui sont ensuite mélangés à la terre. C’est un cocktail naturellement énergisant, riche en potassium, azote et phosphore, idéal pour booster votre olivier !

Contrairement à des engrais chimiques qui nécessitent un seul passage, l’engrais naturel est épandu deux fois dans la saison. On le dispose à 1 mètre de l’arbre, là où se trouve la fin du système racinaire, puis on fait une ronde sur 1m50. C’est un travail laborieux et méticuleux.

De manière générale, le manque d’eau est la hantise des producteurs d’huile d’olive. Depuis quelques années, le dérèglement climatique a provoqué des chaleurs trop importantes pour les arbres et la loi interdit formellement d’irriguer avec de l’eau potable. A ce sujet, Sébastien du Mas Palat nous explique : “Au mois de mars, nous avons été très heureux de voir tomber la pluie, c'était essentiel pour hydrater les végétaux et recharger les nappes phréatiques pour avoir des réserves tout l'été !“

L’entretien des sols est primordial car l’olivier est capricieux et favorise sa survie avant tout. Si on ne lui donne pas ce dont il a besoin, en contrepartie, lui, ne donnera pas de fruit. L’olivier est un arbre plein de poésie, il se sent heureux lorsqu’il est bien nourri et bien hydraté et fera ainsi tout ce qu’il peut pour donner le maximum de fruits ! Entre mars et mai, en fonction de l’eau et de la nourriture qu’il a reçues, cet arbre décide ou non de transformer ses fleurs mâles, improductives, en fleurs hermaphrodites qui pourront être pollinisées pour donner des fruits. Alors, la nature est bien faite, non ?

 

Avec la taille, l'olivier se refait une beauté

Le printemps lance le début d’une autre activité importante dans l’oliveraie : la taille ! Bien que ce soit absolument nécessaire pour espérer une bonne production de fruits, tailler un olivier n’est pas un acte anodin. Pour l’arbre, c’est comme une blessure. Et comme tous les bobos, cela met du temps à cicatriser. C’est pour cette raison qu’il faut le tailler au début du printemps après les dernières gelées, afin d’éviter que le froid ne vienne s’engouffrer dans le bois et aggraver la blessure pouvant aller jusqu’à tuer des charpentes entières.


Travaux de printemps : taille de l'olivier

 

Savez-vous pourquoi la taille de l’arbre est si importante ?

D’abord, parce qu’elle permet de laisser passer la lumière pour faciliter la photosynthèse. Ensuite, la taille évite à l’olivier de dépenser son énergie et sa sève inutilement pour faire pousser des jeunes branches encore improductives, qui portent le doux nom de “gourmands”. Pour finir, cela évite de créer un amas de feuilles denses et humides qui favorisent la prolifération de certaines maladies, notamment les champignons.

 

 

À la Bastide du Laval comme au Mas Palat, on taille les arbres tous les ans très légèrement. Cela permet de ne pas trop fatiguer les oliviers. En effet, auparavant il était de coutume de tailler les oliviers de façon plus poussée tous les 3 ans. Mais ce traumatisme était si important pour l’arbre qu’il était incapable de produire des olives l’année de sa taille. La taille est un travail colossal effectué manuellement, à l’aide d’un sécateur électrique. C’est un art qui s’exerce dans le respect de quelques principes. À ce sujet, Léo, le producteur de la Bastide du Laval, précise que « l’olivier est un organisme vivant, si on le taille n’importe comment il va mettre plus de temps à s’en remettre et donc produire moins voire pas du tout de fruit ».

 

4 règles d'or pour bien tailler un olivier 

  • Règle n°1 : Faire pénétrer la lumière. Pour cela il faut créer une fenêtre en coupant les charpentes de l’intérieur de l’olivier. Rappelez-vous, la lumière est primordiale pour la photosynthèse.
  • Règle n°2 : Étager les branches. On taille les branches trop proches du sol pour éviter que les bêtes ne viennent grignoter les olives et s’épargner de faire la récolte à genou !
  • Règle n°3 : Jamais trop proche du tronc. La taille doit se faire à 1 ou 2 centimètres de la base, pour laisser la place de faire un moignon de cicatrisation.
  • Règle n°4 : Éviter les nœuds. Pour cela, on coupe les charpentes qui se croisent et qui empêchent le peigne de passer au moment de la récolte. Selon un vieil adage, l’hirondelle doit pouvoir voler à travers les branches d’un olivier bien taillé !

 

La maladie du printemps : l'oeil de paon

Maladie olivier : l'oeil de paon

 

Tout au long de l’année, les oliviers ont besoin d’être protégés contre certaines maladies et au printemps, l’ennemi numéro 1 c’est l’œil de paon ! C’est un vilain champignon qui doit son nom à la trace circulaire et brune qu’il laisse sur les feuilles infectées. Si la maladie se développe, les feuilles tombent au fur et à mesure, ce qui empêche la photosynthèse et peut ralentir voire anéantir des récoltes sur plusieurs années.

Pour éviter que cela ne se produise, les producteurs traitent les arbres en les aspergeant avec de la bouillie bordelaise, un traitement préventif naturel à base de cuivre. Tel un bouclier protecteur, le cuivre est un fongicide qui va repousser les champignons et empêcher la contamination. Il est autorisé en agriculture biologique car n’est pas absorbé par l’arbre. 

Pour en savoir plus sur les maladies de l'olivier et leurs traitements, consultez notre article !