Vers une multiplication des modes de consommations alternatifs : tendances et dynamiques d’un nouveau modèle

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Vers une multiplication des modes de consommations alternatifs : tendances et dynamiques d’un nouveau modèle

Le monde est en constante évolution, et l’a toujours été. Depuis maintenant plusieurs décennies, les modes de productions, d’échanges et de communications ont favorisé l’accès à une consommation “plus facile”. Cependant, des crises sont aussi passées par là et on observe depuis quelques années un glissement de paradigme. 

Ceci est d’autant plus vrai lorsqu’on observe la crise sanitaire que nous traversons actuellement. Nombreuses sont les personnes qui annoncent un changement de nos modèles de société et de notre rapport à la consommation.

Entre législation et initiatives collectives ou individuelles, la dynamique est bien présente en France et dans le monde. Et elle est le reflet d’une prise de conscience croissante vers des modèles plus durables

Oeuvrer pour un monde plus durable fait partie de nos engagements chez Cuvée Privée. Et dans ce contexte si particulier, c’est un sujet qui fait d’autant plus sens pour nous. C’est pourquoi nous avions envie d’approfondir le sujet et de vous parler de la multiplication des modes de consommations alternatifs qui voient le jour. 

Comment et pourquoi les mentalités changent ? Comment les prises de consciences se matérialisent ? Tour d’horizon sur les nouveaux modes de consommations d’aujourd’hui et de demain. 

 

Un contexte favorable ?

 

Prise de conscience

On l’observe depuis plusieurs années, au travers des médias et des discussions, l’avenir de la planète est au centre des préoccupations de beaucoup d’entre nous. D’ailleurs, selon une étude menée par YouGov en 2019, pour 60% des français, il est urgent d’agir pour l’avenir de la planète.

Au centre des sujets les plus importants à traiter, on retrouve le réchauffement climatique, la biodiversité et les déchets plastiques.

Et pour 57% des français, il est nécessaire de revoir notre modèle économique et de sortir du mythe de la croissance infinie que nous connaissons aujourd’hui. 

Ces deux chiffres sont clairs et témoignent d’une vraie prise de conscience de la population française en faveur de l’environnement.

 

Accélérée par la crise du Coronavirus

Selon une étude Omnibus menée avant la crise du Coronavirus, 48% des français pensaient que le principal responsable du changement climatique était l’être humain et ses activités

Encore plus parlant, c’est 70% qui pensaient que le changement climatique aurait un impact sur leur vie. 

Aujourd'huilorsque nous lisons que la grave crise sanitaire que nous traversons est en partie causée par l’impact de l’homme sur la biodiversité (menace des zones sauvages et altération des écosystèmes par l’activité humaine qui entraîne un développement favorable de nouvelles maladies), il y a fort à parier que les consciences se tourneront de plus en plus vers une considération pour un écosystème global et une conscience à coup sûr plus durable.

Il aura fallu attendre pas plus de quelques semaines avant de voir le premier impact. Les 3 et 4 avril dernier, en plein coeur de la crise du coronavirus, se réunissaient les membres de la convention citoyenne pour le climat en visioconférence pour ériger cinquantes pistes de mesures à destination de l’exécutif pour « porter l’espoir d’un nouveau modèle de société » 

Se nourrir” et “consommer” faisaient partie des cinq grandes thématiques abordées par le groupe de parole. Celles-ci permettant de répondre à un triple objectif : avoir “un effet positif sur le climat, sur l’économie à court ou moyen terme dans un esprit de justice sociale ainsi que sur la santé et le bien-être des populations” pouvait-on lire dans l’édition du Monde du dimanche 12 et lundi 13 avril 2020

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Toutes ces questions ne datent pas d’hier, mais voient leurs intérêts grandir vite depuis le début de la crise du Coronavirus. 

Une volonté, préparer la sortie de crise, ne pas reproduire les erreurs du passé et imaginer des modes de consommation durables pour un monde responsable.

 

Tour d'horizon des nouveaux modes de consommation

 

L'anti-gaspillage

En 2014, le HLPE, (Groupe d'experts de haut niveau sur la sécurité alimentaire et la nutrition) définissait le gaspillage alimentaire comme “toute nourriture destinée à la consommation humaine qui est jetée ou pourrie au niveau du consommateur - quelle que soit la raison”.  

Dès 2016, la France promulguait la loi relative à la lutte contre le gaspillage alimentaire, portée par une de ses principales mesures consistant à obliger les supermarchés de plus de 400m2 à rechercher un partenariat avec une association d’aide alimentaire pour lui céder ses invendus au lieu de les jeter et les détruire.

En octobre 2018 était votée à l’Assemblée Nationale la loi Egalim visant à rééquilibrer les relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et à promouvoir une alimentation saine, durable et accessible à tous. Plus globale, cette loi a notamment permis d’intensifier la lutte contre le gaspillage alimentaire en l’étendant à la restauration collective et à l’industrie agroalimentaire.

 

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Et en 2021, cette loi prévoit d’aller encore plus loin en rendant obligatoire la mise à disposition d’emballages dans les restaurants pour permettre aux clients d’emporter leurs restes chez eux. 

Conséquences d’une prise de conscience de la population en faveur d’une consommation plus juste et plus durable, les législations amorcent désormais un cadre en faveur d’une société et d’une économie plus juste.

Lutter contre le gaspillage alimentaire s’inscrit désormais dans une tendance portée en partie par les pouvoirs publics, mais aussi et surtout par des particuliers de plus en plus conscients, et des entreprises qui prennent le pas de cette transition. 

Né en 2016, le modèle To Good To Go en est le symbole. Cette entreprise a créé une application qui permet à chacun de s’engager contre le gaspillage alimentaire en récupérant à prix symbolique les denrées alimentaires qui s’apprêtent à être jetées auprès des grandes surfaces, restaurateurs et autres acteurs de la consommation alimentaire. 

L'application Vinted permet quant à elle à ses utilisateurs.trices de donner une seconde vie à leurs vêtements et de trouver des vêtements de seconde main, réduisant ainsi la pollution et les déchets liés à l’industrie du textile.

 

La fin de l'obsolescence programmée

L'obsolescence programmée est aux termes de la loi française, “l'ensemble des techniques par lesquelles un metteur sur le marché vise à réduire délibérément la durée de vie d'un produit pour en augmenter le taux de remplacement”.

Depuis la loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015, l’état français considère désormais l’obsolescence programmée comme un délit. 

Répondant à cette tendance et à cette nécessité de mettre fin à l’obsolescence programmée, de plus en plus d’entreprises (électroménager, mécanique etc.) se sont volontairement engagées dans ce que l’on appelle l’éco-conception. L’objectif étant d’éliminer des produits fabriqués tous les dispositifs pouvant réduire leurs durées de vie, mais aussi de concevoir des produits conçus pour durer le plus longtemps possible. Il faut alors qu’ils soient réparables, démontables et recyclables en fin de vie. 

D'autres entreprises ont même construits leur modèle sur cette tendance. C’est le cas de Back Market qui va plus loin en proposant le reconditionnement des appareils électroniques. Car bien que l’on assiste à une croissance de l’utilisation de matériaux recyclés et recyclables dans la conception des produits, la principale source de pollution demeure la conception de nouveaux produits. Grâce au reconditionnement, la société permet de donner une seconde vie aux appareils électroniques, et ainsi de réduire considérablement les déchets de matériaux électroniques. On peut également penser à la startup HelloZack, spécialisée dans le rachat et la revente des produits Apple, souvent accusés d’obsolescence programmée.

Prenant le contre pied d’une économie vieillissante que l’on appelle économie linéaire (extraire, fabriquer, consommer, jeter), ces entreprises s’inscrivent dans la nouvelle tendance économique que l’on appelle l’économie circulaire, dont l’objectif est de produire des biens et des services en limitant la consommation et les gaspillages de ressources et la production de déchets.

 

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Soucieux de la durabilité de l’environnement ou voyant simplement une opportunité à un besoin consommateur, la réalité est là, de plus en plus de modèles oeuvrent pour une meilleure durabilité des biens de consommation.

 

Les circuits courts

Le terme de circuit court fait de plus en plus régulièrement son apparition dans les médias et dans nos discussions. Oui mais qu’est ce que c’est ? Est considéré comme un circuit court un circuit de distribution dans lequel intervient au maximum un intermédiaire entre le producteur et le consommateur. 

Il vise à redonner de la valeur au travail du producteur en créant du lien avec ce dernier, en appliquant un prix juste, et en permettant au consommateur final de savoir ce qu’il consomme. 

On citait plus haut la loi Egalim de 2018, pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire. La pratique des circuits courts figure également dans cette loi, prouvant une nouvelle fois l’intérêt grandissant des consommateurs et de l’Etat de se diriger vers un mode de consommation plus durable et plus responsable.

Lors de la convention citoyenne pour le climat réunie les 3 et 4 avril dernier, certaines idées émanant de groupes de paroles vont plus loin, puisqu’elles témoignent d’un désir encore plus fort plus en faveur des circuits courts en souhaitant initier “le levier de la commande publique pour favoriser les produits issus de circuits courts, locaux, durable et à faible coût environnemental”. 

La Ruche qui dit oui! créée en 2011 et pionnière du circuit court alimentaire s’est complètement construite sur ce modèle puisqu’elle compte aujourd’hui plus de 1.500 ruches à travers le monde et permet à ses utilisateurs de s’approvisionner directement chez leurs producteurs locaux à l’aide de leur plateforme de mise en relation. Ils répondent alors efficacement à cette tendance de fond qui s’inscrit dans le paysage de la consommation qui est de rapprocher consommateurs et producteurs locaux et de donner plus de sens à la consommation de chacun.

 

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Chez Cuvée Privée, c’est aussi le mode de commercialisation que nous avons choisi de proposer. En adoptant des pieds de vignes, vous recevez le vin de vos vignes, suivez l’évolution de celles-ci tout au long de l’année et êtes invités à venir rencontrer le vigneron, et nous sommes le seul intermédiaire entre vous et le viticulteur.

 

Vers une consommation responsable dans le secteur de la mode

En produisant 20% des eaux usées mondiales et 10% des émissions mondiales de Co2, la mode est aujourd’hui considérée pour beaucoup comme la deuxième industrie la plus polluante après le secteur pétrolier dans le monde.

Forts de ce constat, de nombreux acteurs de la mode ont vu le jour, le but étant de contrecarrer cette réalité catastrophique en réduisant le gaspillage des ressources et en informant les consommateurs sur l’origine des produits qu’ils achètent.

On l’a vu plus haut, des entreprises comme Vinted se sont créées avec pour mission de proposer des articles de seconde main. 

Mais proposer des articles de seconde main n’est pas le seul modèle qui se dégage. D’autres acteurs proposent quant à eux des produits fabriqués en respectant au maximum l’impact sur l’environnement

C'est le cas de Veja qui commercialise depuis 2005 des baskets fabriquées avec des matières premières issues de l’agriculture biologique, ou encore d’Asphalte qui depuis sa création en 2016 propose un modèle de pré-commande. L’objectif ? Ne produire que des quantités justes et déjà commandées, sans gaspillage et sans solde. 

La liste des entreprises est longue, et énumérer tous les modèles pourrait faire office d’un seul article. Une chose est sûre, de plus en plus d’acteurs veulent changer la face de l’industrie et répondre aux besoins des consommateurs, en proposant des modèles de fabrication ou de commercialisation plus responsables.

 

Comment les français abordent ce changement de modèle ?

 

Des initiatives qui se créent et des mentalités qui évoluent

Il n’y a pas de fumée sans feu. Si de plus en plus de lois sont aujourd’hui promulguées en faveur de l’environnement, si de plus en plus d’entreprises axent aujourd’hui leurs modèles en faveur de la durabilité, c’est que des tendances de fond se dégagent et que les mentalités changent. 

Déjà, et on l’a vu plus haut, de plus en plus de groupes de paroles se créent à des échelles locales et nationales, mettent carte sur table et tentent de trouver des solutions aux enjeux environnementaux de demain.

Mais aussi, et c’est finalement ça le plus important, les mentalités évoluent, et dans le bon sens :

  • Selon une étude de YouGov, 27% des Français déclarent avoir réduit leurs achats de vêtements pour des raisons éthiques.

  • Selon une étude réalisée par le même organisme pour To Good To Go, 92% des Français considèrent le gaspillage alimentaire comme inacceptable.

  • Selon une autre étude réalisée par YouGov, 41% des Français déclareraient faire leurs achats auprès de petits commerçants, 36% directement au producteur, et 20% se tourneraient vers des réseaux spécialisés (magasins bio...).

  • Enfin, ce sont 67% des Français qui déclarent avoir changé certaines de leurs pratiques du quotidien pour réduire l’impact de leur consommation sur l’environnement. 

Alors oui ces chiffres sont encourageants et témoignent d’une certaine prise de conscience en faveur de la durabilité, mais le chemin est long et des freins subsistent.

 

Des freins subsistent

On l’évoquait plus haut, il serait utopiste de penser qu’un glissement de nos habitudes vers des pratiques plus durables est facile et rapide. Faire la part entre le vrai et le faux, savoir où trouver l’information, adapter nos pratiques, des freins sont bien présents, et c’est normal.  

Dans la mode, pour 31% des français, il ne serait pas clair de savoir quels aspects éco-responsables sont respectés dans leurs achats d’articles de mode éthique. Et pour 35% des français, le prix constitue un frein majeur à l’achat de ces articles éco-responsables. 

Pour finir, selon une autre étude de YouGov (Merci YouGov pour toutes ces données) aujourd’hui, 82% des français considèrent que les produits biologiques ne se valent pas tous.

 

Alors ce n’est pas trop dans nos habitudes de clôturer un papier sur une note plus négative que le corps de celui-ci. Mais prenons plutôt le problème dans l’autre sens. 

On sait que des choses très positives ont déjà été mises en place, et ce à chaque niveau de la société, mais on sait aussi que des freins subsistent et que le chemin est encore long.

C'est pourquoi, chez Cuvée Privée, on souhaite vous proposer une vision la plus éclairée et transparente qu’il soit pour tenter de vous guider et de vous donner les clés d’une consommation plus durable.

On ne dit pas que c’est facile, et on n’est pas tous logés à la même enseigne quand il s’agit d’adapter sa consommation, que ce soit pour des raisons financières ou des changements plus ou moins forts dans nos habitudes. 

Mais si on peut apporter notre pierre à l’édifice et vous sensibiliser aux enjeux d’aujourd’hui et demain vers des modes de consommation plus responsables, alors on le fera.

Comment réapprendre à consommer, comment consommer différemment dans un monde qui change, comment minimiser notre impact sur l’environnement. Autant de questions qui nous animent et de défis que nous jugeons nécessaires de relever.

 

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